In a jumble (en vrac).

That is the whole history of the search for happiness, whether it be your own or somebody else’s that you want to win. It ends, and it always ends, in the ghastly sense of the bottomless nothingness into which you will inevitably fall if you strain any further.

—DH Lawrence, The Fox

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Les Muses quittent Apollon, leur père, pour aller éclairer le monde (1868)  Gustave Moreau

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Les Muses quittent Apollon, leur père, pour aller éclairer le monde (1868)
Gustave Moreau

Le Cycle d’Oz, volume 2
comprenant les tomes 3 et 4 de la série : Ozma au pays d’Oz et Dorothy et le magicien au pays d’Oz
de Frank L. Baumtraduits de l’anglais par Blandine Longre & Anne-Sylvie Homasselillustrations de Stéphane LevalloisLe Cherche-midi, novembre 2013

Le Cycle d’Oz, volume 2

comprenant les tomes 3 et 4 de la série : Ozma au pays d’Oz et Dorothy et le magicien au pays d’Oz

de Frank L. Baum
traduits de l’anglais par Blandine Longre & Anne-Sylvie Homassel
illustrations de Stéphane Levallois
Le Cherche-midi, novembre 2013

AN ESSAY ON THE WRITINGS OF E.M. CIORAN
by Paul Stubbs

“All of his life Cioran negated, if not banished, the idea of building for himself a philosophical ‘system’, realizing at an early age that the universe was too far imperturbable to be reduced to man’s own mortification. In his essay ‘Valéry Facing his idols’ he wrote: ‘if we were to translate the philosophers’ lucubrations into normal language, what would be left of them?’ Such premonitions reduced Cioran’s own mind to the size and space of a ‘confessional-box’, an unsolicited and shameless disclosure of who he really was. Each word, a drop of blood, reflected his unnameable lassitude, the inexhaustible sameness of his voice, his always private predilections for nothing but his own interior world-shapes. For this writer there was no difference between the detonation of a bomb and that of a full-stop: he accepted everything, his life a constant ‘new’ death entering into the graveyard of his speech. To live separate from the rest of mankind is not to be a destroyer of worlds, but of the spleen, he who in disparaging human beings acted upon a scarcely credible stage. Each aphorism in The Temptation to Exist for example is a far too-recent disaster, an ethical impasse, where inside each word we hear only a teleological clock ticking, and where the ancient ‘Rules’ and laws of matter have begun to subside in the dust of his own brain.” (Paul Stubbs)
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AN ESSAY ON THE WRITINGS OF E.M. CIORAN

by Paul Stubbs

“All of his life Cioran negated, if not banished, the idea of building for himself a philosophical ‘system’, realizing at an early age that the universe was too far imperturbable to be reduced to man’s own mortification. In his essay ‘Valéry Facing his idols’ he wrote: ‘if we were to translate the philosophers’ lucubrations into normal language, what would be left of them?’ Such premonitions reduced Cioran’s own mind to the size and space of a ‘confessional-box’, an unsolicited and shameless disclosure of who he really was. Each word, a drop of blood, reflected his unnameable lassitude, the inexhaustible sameness of his voice, his always private predilections for nothing but his own interior world-shapes. For this writer there was no difference between the detonation of a bomb and that of a full-stop: he accepted everything, his life a constant ‘new’ death entering into the graveyard of his speech. To live separate from the rest of mankind is not to be a destroyer of worlds, but of the spleen, he who in disparaging human beings acted upon a scarcely credible stage. Each aphorism in The Temptation to Exist for example is a far too-recent disaster, an ethical impasse, where inside each word we hear only a teleological clock ticking, and where the ancient ‘Rules’ and laws of matter have begun to subside in the dust of his own brain.” (Paul Stubbs)

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Souffrons donc l’affection subite du langage.

“It is a good direction to believe that this language which is so scored and impressed by the commotion of all of us since its birth can be arranged to in its turn impress significantly for the good of each individual. Let us endure the sudden affection of the language.”
W.S. Graham, ‘Notes on a Poetry of Release’ 

“C’est une bonne direction, celle qui consiste à croire que ce langage, depuis sa naissance si marqué, si creusé par notre brouhaha collectif, peut être disposé de manière à laisser à son tour une impression significative pour le bien de chaque individu. Souffrons donc l’affection subite du langage.”
W.S. Graham, “Notes sur une poésie de la libération”.
(traduction Anne-Sylvie Homassel)

extrait de Les Dialogues obscurs, poèmes choisis, W.S. Graham (Black Herald Press, 2013)
excerpt from The Dark Dialogues, selected poems, W.S. Graham (Black Herald Press, 2013)

http://blackheraldpress.wordpress.com/books/les-dialogues-obscurs-the-dark-dialogues-w-s-graham/

L'ANAGNOSTE: Murasaki Shikibu, Le Dit du Genji par Zoé Balthus

zoebalthus:

Pénétrer pour la première fois dans la culture japonaise en plongeant d’emblée dans Le Dit du Genji ou Genji Monogatari n’est pas la voie la plus aisée, ni la plus ardue, mais c’est sans doute l’une des plus belles portes qui soit. Elle ouvre sur toutes les autres pour peu que le lecteur veuille bien se donner la peine de la concentration, de l’attention, de la réflexion. Bien sûr, le profane sera mieux doté au départ s’il est un esprit curieux et sensible, s’il a le goût bienveillant de l’inconnu, s’il est naturellement enclin à la poésie et au raffinement, à la musique, à la peinture. En un mot, si son âme est celle d’un artiste. La sélection est naturelle, les affinités électives. Ce trésor n’est pas accessible à tous les barbares que nous sommes.
 
En tout cas, une fois prêt à ouvrir ce roman de près de 1500 pages écrites au XIe siècle, il est indispensable de ne pas tourner le dos à l’accueil du vénérable René Sieffert, l’unique traducteur de cette œuvre en français (la première publication intégrale datant de 1988) qui lui a coûté vingt ans de travail acharné. D’autant qu’il dispense en éclaireur essentiel des enseignements lumineux dans une préface précieuse en tout point afin d’entamer et de poursuivre jusqu’à sa fin l’inoubliable aventure (Ed. Verdier, 2011). Car c’en est une.
 
Un tel livre n’est pas un simple roman d’époque, romantique et exotique. C’est un tour de force littéraire, artistique, poétique, historique. C’est un somptueux chef-d’œuvre salué communément comme « le premier roman psychologique » du monde. 
 
C’est aussi une légende en soi, une œuvre toute auréolée d’interrogations irrésolues, ayant donné lieu à une vénération quasi-mystique, fanatique. Elle a été adulée tout au long des siècles, ayant inspiré tous les Beaux-Arts nippons jusqu’au XXe, s’inscrivant dans le 7e art au passage et de nos jours encore, dans les mangas.
 
Dans un coffret magnifique, paru chez Diane de Selliers Editeur en 2007, un livret guide le lecteur à se repérer dans les méandres – ce n’est pas peu dire et ce n’est pas du luxe - de chacun des 54 livres-chapitres qui constituent cette fresque impériale. Des peintures traditionnelles japonaises qu’elle a inspirée entre le XIIe et XVIIe siècles en illustrent à merveille les trois volumes. C’était le rêve de René Sieffert.
[…]

PHILIPPE RAHMY / BÉTON ARMÉ / LA TABLE RONDE / 2013.

membrane:

Égyptologue, poète et chroniqueur littéraire, Philippe Rahmy était invité en résidence d’auteur par l’Association des écrivains de Shanghai à l’automne 2011. De ce voyage, il a tiré Béton armé, un récit magnifique et poignant qui vient d’ailleurs d’être distingué par la mention spéciale du dernier prix Wepler. De sa participation et de ses interventions comme de la nature des débats, il est toutefois peu question. Sa présence en qualité de poète fait figure de prétexte. «Homme blanc [jeté] en vitrine», il semble n’être là que pour donner bonne conscience à des organisateurs peu soucieux de communiquer et plus encore de le comprendre. De l’histoire de Shanghai, on n’en saura pas davantage. De son observation, Rahmy saisit parfois d’un trait de plume quelques caractères du []

vanishedgarden:

"Jeune Fille thrace portant la tête d’Orphée" Gustave Moreau  (1865)

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"Jeune Fille thrace portant la tête d’Orphée"
Gustave Moreau
(1865)

Air

—Suicides Underground

membrane:

Air / “Suicides Underground” / The Virgin Suicides / 1999 / via : jessiewould